Qu’est-ce qu’un tabou ?
« Tabou » est un autre terme intéressant, qui s'est quelque peu écarté de son sens originel. Ce mot d'origine polynésienne semble avoir été employé il y a plusieurs centaines d'années par les premiers visiteurs étrangers de la Polynésie et des îles Hawaï. Il faisait référence à quelque chose qui était mis de côté pour/consacré à un usage ou à un but précis. Le tabou peut également être placé sur un objet, une personne, un lieu ou un mot dont on pense qu'il possède un pouvoir inhérent hors du commun. Le fait de briser un tabou implique généralement l'extermination de l'offenseur ou une sorte de purification rituelle (Columbia Electronic Encyclopedia, 6ème éd.)
De nos jours, le tabou fait généralement référence à un sujet ou une à activité que nous évitons ou interdisons en raison des coutumes sociales. Par exemple, il est généralement tabou de se promener nu en public, même si cela ne fait habituellement de mal à personne. Ce genre de censure silencieuse étouffe toute discussion libre et franche avec et à propos des personnes malades mentalement .
Avec ce comportement, nous entretenons notre ignorance des faits relatifs à la maladie mentale. L'ignorance entretient le mystère, le mystère crée le mythe et le mythe étouffe le fait qui définit le stigmate et le tabou et encourage l'ignorance. C'est un cercle vicieux.
Ainsi, le mythe de la dépression est au mieux nocif et au pire tout à fait dangereux. Pour supprimer le stigmate et lever le tabou, nous devons remplacer le mythe par le fait et l'ignorance par la compréhension.
C'est là tout le propos de ce site Web.
Quelle est la légende moderne qui entoure la dépression ?
L'un des mythes persistants qui entoure les antidépresseurs concerne leur soi-disant dépendance. Ils ne créent pas de dépendance. Et ils ne créent pas d'accoutumance non plus. Certains doivent effectivement être arrêtés progressivement afin d'éviter les changements soudains dans la chimie du cerveau et certains symptômes consécutifs, mais les effets de l'arrêt brutal ne ressemblent en rien aux effets dramatiques du manque causé par les médicaments qui créent une dépendance.
Autre mythe relatif aux antidépresseurs : ils modifieraient le comportement normal. Ils modifient effectivement le comportement dépressif et permettent à la personnalité normale de sortir des ténèbres. Ce ne sont pas des « pilules du bonheur », comme semblent le suggérer certains articles de presse.
Si une personne n'était pas particulièrement joviale, sociable ou sûre d'elle avant d'être déprimée, elle ne va pas le devenir grâce à des traitements par des antidépresseurs.
Il existe aussi le mythe de la « personnalité Prozac ». Ce terme est une invention des journalistes qui avaient besoin d'un slogan accrocheur pour attirer des lecteurs. La dépression est une maladie qui prend le dessus sur la personnalité et l'étouffe. La dépression n'est pas un aspect de la personnalité. Toutefois, la maladie peut parfois durer si longtemps qu'elle semble faire partie de la personnalité, même si ce n'est pas le cas.
Vient ensuite la légende populaire. Lors d'une enquête récente effectuée aux États-Unis, plus de la moitié des personnes interrogées ont répondu que les gens déprimés étaient surtout des paresseux. Nous savons que la dépression implique souvent un manque de motivation, une sensation de fatigue, un manque de coopération et une perte de productivité. Cette réaction montre à quel point il est facile, au vu des symptômes, d'arriver à des conclusions erronées.
Beaucoup de gens pensent également que la dépression est le premier pas sur le chemin qui mène à l’« asile psychiatrique ». C'est de la pure imagination. Il est vrai que les personnes sensibles aux risques de suicide peuvent être hospitalisées pour leur propre protection. Et que celles souffrant d'une dépression grave qui ne s'améliore pas avec un traitement ordinaire peuvent aller à l'hôpital pour y recevoir un traitement plus spécifique. Mais l'hospitalisation est très éloignée des scènes tragiques parfois montrées au cinéma ou à la télévision. Malheureusement, ces descriptions inexactes nourrissent les mythes.